1er janvier

1er janvier à la plage.

Il fait beau et très chaud. Depuis ce matin, la plage se remplit. L’océan aussi. La marée est basse et des petites vagues déferlent, parfaites pour apprendre le surf ou juste s’amuser un peu. Moi, je m’amuse surtout à observer les gens qui tapent un petit sprint entre leur serviette de plage et l’océan. Le sable noir chaud de Pointe Vénus ne semble épargner personne. J’ai couru aussi. Quelqu’un a du rigoler de me voir courir si vite. Tant mieux.

Tout ceci arrive ce 1er janvier 2024. Et pourtant tout était pareil le 31 décembre 2023. J’y étais à cette même plage. Je peux en témoigner. Et pourtant la nuit dernière, nous avons cuisiné, nous nous sommes faits belles et beaux, nous avons dansé, nous avons crié « Bonne annéee », nous nous sommes souhaités des vœux longs comme le bras, nous avons fait le bilan. Comme si tout changerait une fois le fameux décompte de minuit achevé. Comme si tout serait différent. Comme si l’heure du renouveau avait sonné. On efface l’ardoise et on recommence.

Je caricature. Bien sûr que personne n’est dupe. Nous savons que rien ne changera comme par magie. Mais nous jouons la même chorégraphie tous les ans et et je m’y plais parfois à jouer ma part en envoyant des petits messages de bonne année qui sonnent un peu comme des « hey ça fait longtemps que je ne t’ai pas écrit. Je profite de la convention bonne année pour te dire que je pense à toi et que je ne t’oublie pas. À l’année prochaine ». Pourquoi donc?

Est ce une façon tellement humaine d’exprimer notre espoir en des jours meilleurs? Ou une façon d’exprimer un semblant de contrôle sur nos vies chaotiques avec nos fameuses résolutions? Ou juste un symbole, une célébration, une occasion de se rassembler en tant que communauté humaine? Ou tout à la fois?

Je vois la nouvelle année comme une continuité de l’ancienne. Beaucoup de choses seront identiques comme le sable chaud de la pointe Vénus. Mais il y’aura de la nouveauté, des changements positifs ou négatifs, des bouleversements. En 2024, il faudra se projeter au delà de notre individualité pour nos fameuses résolutions. Parce que le monde continue à être ce qu’il était hier et avant hier et les autres jours passés. Parce que le monde ne fait pas une réinitialisation au 1er janvier. Le monde n’a pas la possibilité de changer du tout au tout en fonction de la volonté d’un seul être. Le monde a besoin que chacun d’entre nous prenne des résolutions pour lui. En 2024, le monde (nous) devra faire plus que de son mieux. 

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